le 23 Avril 1956, il y a 60 ans...

23/04/1956: Mgr Guyot a présidé dimanche les cérémonies de la Confirmation.

Il y a 53 ans que Digosville n’avait connu la solennité d’une visite épiscopale. Mgr Guérard était venu il y a un demi-siècle dans cette paroisse du diocèse de Coutances. Hier dimanche Mgr Guyot était à son tour l’hôte des fidèles de Digosville groupés autour de leur curé, M. l’abbé Gosselin.

Un effort de décoration remarquable a été accompli à cette occasion. Malgré un temps un peu gris des guirlandes de feuillage et de fleurs, des arcs de triomphe, des banderoles, des drapeaux donnaient aux routes qui entourent la belle église un air de fête. Monseigneur l’Evêque devait présider aux cérémonies religieuses pendant lesquelles un groupe de vingt petits enfants allaient faire leur première communion et 43 recevoir la confirmation.

Parmi les membres du clergé entourant M. le Curé de Digosville on remarquait M. l’abbé Cossey curé-doyen de Tourlaville, M. l’abbé Leroussel, curé des Mielles, M. l’abbé Tollemer, curé de La Glacerie qui assurait le commentaire des cérémonies, M. l’abbé Marneffe, enfant de la paroisse et professeur au petit séminaire de Caen qui devait célébrer la grand-messe.

La fanfare des enfants de St-Frimbault-de-Prière dont c’était la première sortie de l’année apportait son concours à cette cérémonie sous la direction du dévoué M. Jouanne accompagné de deux religieuses et d’une jeune fille. Pour la plupart des petits c’était leur première sortie. On sait que tous les musiciens sont des enfants âgés de 4 à 11 ans sous la direction d’un sous-chef de musique de 8 ans. Parmi eux 5 petits Vietnamiens suivent comme tous les membres de la fanfare les trois répétitions journalières. Tous vont par ailleurs en classe avant de partir de 12 à 14 ans dans une autre maison, généralement à Fougères. L’été, ils quittent souvent le département de la Mayenne pour aller faire la preuve de leur talent en Vendée, en Loire-Inférieure, en Eure-et-Loir dans la Sarthe, l’Orne ou le Calvados. Cherbourg les a d’ailleurs applaudis il y a deux ans.

A 10 heures, Mgr l’Evêque de Coutances arriva accompagné de son vicaire général Mgr Simone.

Devant le presbytère, d’un beau style à la fois très moderne et très cotentinais, les enfants revêtus d’aubes blanches formaient une juvénile haie d’honneur.

Les drapeaux des anciens combattants des deux guerres flottaient dans le vent un peu froid de cette matinée d’avril. M. le Maire de Digosville, entouré des membres du Conseil Municipal, prononça une allocution de bienvenue dans laquelle il remercia Mgr Guyot de bien vouloir consacrer une journée entière à la paroisse de Digosville. Il souligna la joie des habitants à l’annonce de cette illustre visite et énuméra les titres de gloire spirituelle et temporelle de la commune : la belle église, les vitraux modernes, la plaque érigée à la mémoire de Dom Onfroy, fondateur de la Trappe, le presbytère reconstruit.

Une fillette offrit une gerbe de fleurs que Monseigneur demanda de déposer au Monument aux Morts. Puis le chef spirituel du diocèse prit la parole pour remercier M. le Maire de Digosville de ses paroles de bienvenue, il rappela le souvenir du précédent curé, M. l’abbé Paumier. « Cette journée est l’occasion pour la famille paroissiale et communale de Digosville de vivre dans l’union et la fraternité chrétienne ». Mgr termina sa brève allocution « en espérant que parmi les petits enfants vêtus de blanc se lèvent un jour des vocations pour la sainte Eglise de Dieu et le diocèse de Coutances, afin de réaliser l’idéal de la vie chrétienne qui est l’amour fraternel ».

Parmi les personnalités civiles on remarquait M. Bigant, ancien maire. M. Bernard, officier de police, M. Métivier, architecte du presbytère, accompagné de son chef de bureau, M. Besuelle ; M. Capelle, président du Comité de Fêtes.

Les paroissiens et les paroissiennes de Digosville, venus très nombreux, se rendirent ensuite à l’église en procession au chant du Benedictus. Une messe solennelle devait alors être célébrée et diverses cérémonies marquer cette journée importante pour la paroisse.

C'était le 23 avril 1956, il y a 60 ans...

Déposé le 22/04/2016.

Le 2 Mars 1956, c'était il y a 60 ans...

On en a déjà parlé en 1954. Cette fois-ci, il semble bien que les habitants de la Manche vont bientôt pouvoir découvrir les joies de la télévision. En février, on annonce que l’émetteur du Mont Pinçon devrait pouvoir être opérationnel en juin (il le sera effectivement le 26 juillet) et le relais de Cherbourg à la fin de l’automne.

Déjà, on voit apparaitre dans La Presse de la Manche les premières publicités pour les ventes de téléviseurs, les acheteurs n’auront que l’embarras du choix entre les plus grandes marques : Radiola, Téléfunken, Perfecta, Télémaster... Une occasion à ne pas rater puisque certains installateurs proposent le paiement en plusieurs mensualités et cerise sur le gâteau, l’installation gratuite de l’antenne pour les premiers acheteurs.

En attendant, les téléspectateurs Manchois vont devoir prendre leur mal en patience … en admirant par exemple le relais installé au Mont-Castre, à Lithaire, qui sert à relier Paris aux îles anglo-normandes.

Conseil Municipal de Digosville du 2 Mars 1956 : Installation d’un émetteur de télévision à la Cacherie.

Le Conseil autorise les services de Radiodiffusion à effectuer les travaux nécessaires sur les chemins communaux qui desserviront cet émetteur de télévision.

Déposé le 02/03/2016.

 

Le 5 Février 1936, c' était il y a 80 ans...

Le souvenir de Dom Augustin Onfroy, fondateur de Notre Dame de Grâce.

On pouvait lire dans le " Cherbourg-Eclair " le 05/02/1936:   

Une plaque de marbre, offert par les Trappistes et récemment apposée dans l’église de Digosville rappelle que Dom Augustin Onfroy, qui fut le fondateur du Monastère Cistercien de Notre-Dame-de-Grace de Bricquebec, était curé de la paroisse de Digosville quand il résolut d'entrer dans l’ordre de Citeaux.

Pour honorer la mémoire du saint fondateur de Notre-Dame de Grâce, M. Lucien Lepont, maire de Digosville a résolu, d'accord avec son Conseil Municipal, de faire restaurer dans sa sévérité toute monacale confortable la cellule que le curé Onfroy habitait dans l’église de préférence à son presbytère et d'y placer un buste du curé de la Trappe, qui lui a été offert. A ce propos, il est bien de  rappeler qu'un masque de Dom Onfroy sur son lit de mort figure au musée de Valognes.

Déposé le 05/02/2016

 

Le centenaire de la naissance de l’Abbé Gosselin.

Le 20 Décembre 2015 sera le centenaire de la naissance de l’Abbé Gosselin.

Toutes les personnes qui ont rencontré l’abbé Gosselin ne peuvent être restées insensibles à cette rencontre. L’abbé toujours en soutane, de bonne corpulence représentait la bonté même, très volubile, il aurait pu vous parler pendant des heures sans vous ennuyer tellement ses paroles étaient agréables à entendre.

Il adorait raconter le débarquement des alliés car il en fut un des premiers témoins le 6 juin 1944, déclaré Juste des nations pour avoir sauvé une famille juive pendant la guerre, il était aussi l’ami de l’abbé Pierre.

Voici le portrait de l’abbé Gosselin par « Agir pour vivre ensemble » :

L’abbé Louis Gosselin sera curé de Digosville de 1952 à 1967 pendant 15 ans.

• Né le 20 décembre 1915 à Rauville-la Place,

• Ordonné prêtre le 15 octobre 1939,

• Professeur à Notre-Dame d’Avranches,

• Vicaire à Cherbourg Sainte Trinité le 05/12/1940,

• Administrateur d’Emondeville le 23/12/1943,

• Aumônier de l’hospice de Coutances le 22/11/1951,

• Curé de Digosville le 25/12/1952,

• Curé de Cosqueville et administrateur de Vrasville et d’Angoville-en-Saire le 12/04/1967, il reçoit en outre la charge pastorale de Réthoville et Néville.

• Déclaré Juste des Nations le 1er septembre 1971

• Retiré du ministère le 24/07/1996, il résidait à Cosqueville où il décède le 20 juin  2001 à l’âge de 86 ans.

Son nom figure sur le mur de l’Allée des Justes à Paris (4éme Arrondissement).

Son père était casseur de pierres, très pauvre, aîné de six enfants et sa mère était servante chez un abbé, issue de l'assistance publique. Il n'est pas mobilisé en 1939 car il avait été exempté du service militaire. Alors qu'il s'apprêtait à rentrer en octobre 1939 au Grand Séminaire de Coutances pour sa cinquième et dernière année de formation en vue du sacerdoce, le père supérieur Blouet, supérieur du Grand Séminaire l'envoie à l'Institut Notre-Dame d'Avranches. Il est alors nommé éducateur dans la division des Grands en remplacement du père Lemasle, mobilisé.

Nommé vicaire à la basilique Sainte-Trinité de Cherbourg et aumônier à l'Hôpital maritime à Cherbourg, il vient en aide aux Juifs et aux réfractaires aux STO. Cependant, il doit réaliser ses actions en cachette de l'archiprêtre de l'église de la Trinité, connu pour ses sympathies pétainistes. Le port de Cherbourg occupait une situation stratégique et l'armée allemande avait ordonné à tous les Juifs de quitter ce qu'elle appelait "le mur de l'Atlantique". Tout Juif découvert dans cette zone risquait les peines les plus graves et il en était de même pour ceux qui les hébergeaient.

L'abbé Louis Gosselin vient ainsi en aide à la famille Zucker, fourreurs à Cherbourg. Il leur porte régulièrement secours et ravitaillement là où ils se cachent. Ils seront arrêtés et déportés. L'abbé Louis Gosselin délivre des certificats de baptême pour sauver des Juifs, en particulier la famille Margolis. Aumônier de l'Hôpital maritime à Cherbourg, il y dissimule six Juifs travaillant pour l'organisation Todt en les faisant passer pour contagieux à l'aide de radios d'emprunt. Ils y resteront jusqu'à la Libération.

Sa situation personnelle devenant dangereuse à Cherbourg, l’évêché lui accorde une cure. Le débarquement le trouva donc à Emondeville, entre Montebourg et Sainte Mère Eglise. Dans le presbytère était installé l’état-major allemand.

Il parla toujours avec beaucoup d’émotion de cette nuit du 5 au 6 juin 1944. Il se refugia dans une tranchée avec d’autres habitants du village dont une jeune femme qui, par peur, mit au monde son premier enfant alors qu’à l’autre bout de la tranchée une vieille femme fut tuée par une grenade.

Il rappelait également ces instants tragiques où il entra dans une grange remplie de parachutistes en train de mourir. Se souvenant du « Notre Père » appris en classe d’anglais, il récita avec eux « Our father, who art in heavey », avant de leur donner l’absolution.

Son église partiellement détruite dès le 6 juin, les messes se firent dans une salle de ferme puis dans une grange transformée en église. A la demande du comité d’organisation, il prêcha deux fois lors de l’anniversaire du débarquement : la première fois à Sainte Marie du Mont et la seconde fois à Sainte Mère Eglise. Ce fut le jour où a été inauguré le vitrail à la gloire des parachutistes, en présence des délégations militaires américaines. Il sera le curé d’Emondeville jusqu’à fin décembre 1952. A la suite des travaux de reconstruction de son église, il lui offrit un vitrail dont le sujet est « Les pèlerins d’Emmaüs »

Il a ensuite passé 15 ans à Digosville de 1952 à 1967 et il finira sa carrière à Cosqueville. Ces années à Digosville seront marquées par la célébration en août 1964 des noces d’or de ses parents, puis en octobre de la même année de son jubilé d’argent sacerdotal en présence de l’abbé Pierre, la remise en 1965 de la Médaille du Courage et du Dévouement et de celle de la Résistance mais également par de nombreux pèlerinages.

Comme cadeau de départ, les paroissiens de Digosville lui remirent un magnifique cyclomoteur. Et dès lors, l’abbé Gosselin toujours en soutane sera souvent photographié sur sa « Motobécane ». Cette soutane, il la porta jusqu’à la fin de sa vie suite à la promesse faite à ses parents.

Il recevra la médaille de Juste parmi les Nations le 07 Septembre 1971.

Lors d’un voyage à Jérusalem, il a eu  l’honneur de planter un arbre sur l’allée des Justes, sur le mont des souvenirs.

Il y a 3343 Justes parmi les Nations en France dont 25 Justes dans la Manche.

Cette distinction très rare, la plus haute distinction civile de l’Etat d’Israël est attribuée aux non-juifs « vertueux œuvrant avec compassion et justice ».

Sa famille était très fière de sa carrière, du prestige et de la soutane. Il évoquait sa condition de prêtre avec les jeunes et  il entretenait de bonnes relations avec la jeune génération, il discutait avec eux en toute franchise.

D'après lui, la jeunesse effectuait un retour vers une certaine tradition religieuse. L'abbé Gosselin faisait partie de l'entourage de l'abbé Pierre, il avait fait les campagnes d'Emmaüs sur Cherbourg avec l'abbé qui a prêché son jubilé d'or en 1989 à Cosqueville en présence de 500 personnes.

Il est également le héros d'un livre de Philippe Bertin.

Déposé le 15/11/2015.

1 Mars 1958 Au troisième top…

Habitants de Digosville et usagers de nos routes se montrent reconnaissants à la municipalité d’avoir remplacé, au clocher de l’église, une vénérable horloge qui n’en pouvait plus, par une moderne horloge électrique, venue des monts du Jura.

Dimanche prochain ; vers 11h30 elle sera bénie et nommée « Bernadette », en souvenir  du centenaire de Lourdes, où elle a été placé : ainsi nous demanderons ensemble qu’elle ne sonne, pour tous, que des heures de joie, et notre présence à cette manifestation paroissiale prouvera notre reconnaissance à la municipalité, à ceux qui ont fabriqué et installé cette horloge et aux entreprises de chez nous : Corbet et Sohier, qui ont aidé à la poser.

Sa carrière d’horloge a fort bien commencé en sonnant le centenaire de Lourdes, et en annonçant l’arrivée tant attendue de l’eau sur le territoire de la commune qui sera bientôt un bienfait pour tous…

Les 30 ans du FCD !

Le club du FCD a été fondé en 1983 par Alain Lefrançois, puis Jean-Louis Lecoq lui a succédé comme président avant l’arrivée à la tête du club de Jean-Claude Fribourg.

Son meilleur niveau aura été de jouer une année en DHR (Division Honneur Régionale) pendant la saison 2006-2007.

Le club a donc  fêté ses 30 ans d’existence le 8 Juin 2013.

Pendant les 5 premières années du club, les rencontres se déroulaient sur le terrain de l’hippodrome da la lande Saint-Gabriel. Le premier match de Championnat de 4ème Division, se déroula le 18 septembre 1983, à domicile, ce fut une défaite contre Teurthéville, 0-1.

Le premier but officiel et la première victoire aura lieu le 30 Octobre 1983, à Digosville contre la réserve de Quettehou, 4-1.

Après deux saisons en 4éme Division, l’équipe accédera au niveau supérieur pour la saison 1985-1986 dans le Championnat de 3éme Division.

La 2éme Division, quant à elle, sera pour la saison 1987-1988.

Le stade Municipal actuel a été inauguré le samedi 30 juillet 1988 par le Ministre du Tourisme de l’époque, Olivier Stirn.

Sa plus grande page de son histoire sera le samedi 20 juin 2009 en remportant la Coupe de la Manche contre l’équipe de Saint-James 2-1 avec 2 buts de Ludovic Folliot.

C’était la deuxième fois que le FCD accédait en finale de la Coupe de la Manche, la première fois étant en juin 1996, Digosville avait perdu 3-2 après les prolongations devant Saint Hilaire Petitville à Saint Hilaire Petitville, ce trophée vient donc récompenser le travail fourni depuis des années par le club et par son président, Jean-Claude Fribourg.

La saison 2014-2015 aura été plus difficile sur le plan sportif, mais l’équipe de Julien Laniepce aura réussi à remonter la barre en fin de championnat, et se maintenir dans le championnat  de 2éme Division, on ne pourra que s’en féliciter !

14 Juin 1950 Monseigneur Guyot bénit la statue de la Vierge

Les difficultés financières de l’après-guerre ont obligé la Société Centrale de Sauvetage des naufragés à réduire le nombre des stations qu’elle entretenait sur le littoral français. La société s’applique à doter les postes de sauvetage subsistants de vedettes robustes et rapides dont nos vaillants équipages ont le plus grand soin.

 Un hommage mérité a été rendu dernièrement à ces marins qui comptent dans leurs rangs tant de héros toujours prêts à se dévouer pour le  salut d’autrui.

Dans notre région, la station du Becquet qui se signala naguère par de courageuses et efficaces interventions, a été rayée de la carte du sauvetage maritime.

L’abri de son canot s’est trouvé disponible.

La population du Becquet a songé à y créer une chapelle pour la célébration des offices dominicaux. L’éloignement de l’église de Tourlaville oblige en effet les fidèles à s’imposer de longs déplacements.

L’abri a été aménagé par les soins des habitants avec l’accord de M. le Curé de  Tourlaville.

La statue

Un des nombreux hôtes que l’été ramène au port du Becquet, d’un pittoresque si caractéristique, M. Henri Magne, musicien réputé, possédant à Caen une galerie d’antiquités, a eu la généreuse pensée de faire don à la chapelle d’une statue de Notre-Dame dont il était détenteur depuis de longues années.

Décapée avec soin, cette œuvre d’art du XVII ème siècle, a pris place dans le petit édifice. C’est une forte jolie figure en bois sculpté représentant la vierge portant l’Enfant Jésus qui tient en sa main un sceptre.

Les habitants du petit port sont définitivement fiers de Notre Dame du Becquet. Aussi hier matin se sont ils mis à l’ouvrage pour la cérémonie de la bénédiction qu’a bien voulu présider Mgr Guyot.

La cité en fête

C’est dans une cité pimpante et pavoisée que l’Evêque de Coutances a fait son entrée. Dans le port, la flottille de pêche arborait tous ses pavillons.

Grandes étaient la fierté et la joie des paroissiens d’accueillir le chef du diocèse qui, malgré les nécessités d’un programme pastoral très chargé avait tenu à venir témoigner aux pêcheurs, aux marins et aux cultivateurs du Becquet, son amicale sollicitude.

Mgr Guyot n’avait il pas dit, en son homélie de la Geste de Geoffroy de Montbray, à Coutances : «  L’Evêque connaît son peuple à la lumière de la divine charité ; il le connaît parce qu’il l’aime ; il en découvre bien vite, grâce à de multiples contacts personnels, les aspirations et les besoins, les misères mais aussi les richesses, les possibilités, les élans. Il connaît les petits comme les grands, les humbles comme les puissants »

Procession au port de pêche

Un cortège s’était formé au Calvaire du Caplain pour recevoir Mgr  l’Evêque, entouré de Mgr Le Ridez, vicaire général et de MM. Les chanoines Hyernard, secrétaire particulier ; Lebas, directeur des vocations, les curés de Tourlaville, Digosville, Bretteville, ainsi que l’abbé Ybert, vicaire à Tourlaville et aumônier de la chapelle du Becquet.

Tous les pêcheurs étaient présents avec les mères de famille portant fièrement leurs bébés auxquels Mgr Guyot donnait sa bénédiction, une caresse toute paternelle.

De la foule qui déroulait à travers le village tout décoré de filets de pêche fleuris, d’oriflammes où jouait gaiement le soleil éclatant, une procession « dénuée de rectitude  » dira Mgr Guyot, mais non d’enthousiasme, s’élevaient des cantiques plein de ferveur.

La chapelle très claire, et toute parée elle aussi de filets, de lys, de roses, d’hortensias, d’arums mariant leurs tendres couleurs, était déjà envahie par des fidèles au moment où le cortège, venant de la rue Roger-Lucas, apparut sur le quai où toute la population et des « pèlerins » des environs s’étaient massés.

Dans la chapelle

Mgr Guyot pénétra dans la chapelle pour procéder à la bénédiction de la statue de Notre-Dame.

La vierge du Becquet, vraie madone de pêcheurs, au visage à la fois rustique et sévère, se détache sur un fond d’azur parsemé d’étoiles et encadré de chêne clair. De chêne est également l’autel, sobre travail d’un habile artisan du pays.

De chaque coté, deux céramiques représentant le Sacré Cœur et la Petite Sœur Thérèse, reçurent également la bénédiction épiscopale. Au cours de la cérémonie, la chorale paroissiale de Tourlaville, dirigée avec art par M. l’abbé Ybert, faisait entendre les chants de circonstance.

La voix de l’Evêque.

Mgr l’Evêque improvisa une allocution qui alla au cœur de tous les assistants. Son éloquence fit merveille lorsqu’il célébra la bonté de la Vierge, mère des Marins. Partout où il y a des hommes de la mer, ils portent les yeux vers Marie. Jean le pêcheur de Galilée, recueillit la Mère du Christ dans son humble demeure ; c’est chez lui qu’elle ferma les yeux avant son ascension triomphale.

Après avoir parlé à ses paroissiens du Becquet (fiers de l’honneur exceptionnel qui leur était fait avec tant de simplicité et de bonne grâce par le chef du diocèse) après avoir salué les pèlerins et leur avoir donné sa bénédiction, Mgr Guyot prit la tête de la procession qui se dirigea vers le port où se balançaient les barques pavoisées, fleuries, ornées de plantes vertes.

Procession en mer.

A bord de l’ « albatros  » était dressé un autel surmonté du Saint-Sacrement et somptueusement orné. L’Evêque et le Clergé embarquèrent sur le navire qui gagna le milieu du port tandis que la chorale, demeurée dans la chapelle, exécutait de fort beaux chœurs que diffusaient des hauts parleurs fort bien réglés.

Alors eut lieu au milieu du recueillement général, l’émouvante cérémonie de la Bénédiction de la mer. A la suite de quoi, la barque pontificale appareilla et fit dans une courbe gracieuse le tour de l’Epi suivie des autres nefs, chargées de fidèles tandis que sur l’azur profond de l’océan, se découpait la puissante silhouette du « Queen Mary » laissant dans le ciel clair une lourde traîne de fumée noire.

Le Becquet rayonnait de bonheur en cette admirable vesprée et c’est au milieu du ravissement unanime de la population reconnaissante que s’acheva cette fête digne de mémoire.

Que selon le vœu du bienveillant évêque des marins, les bénédictions de cette journée se traduisent par le bonheur familial de tous et par l’abondante moisson des pêches miraculeuses !

Le dimanche 13 mars 1977, c’était il y a 38 ans.

Aux Etats-Unis, le nouveau président s’appelle Jimmy Carter qui a été élu depuis 2 mois.

En France, notre président de la république s’appelle Valéry Giscard d'Estaing, et ça fait 6 mois qu’il vient de nommer son nouveau premier ministre, s’appelant Raymond Barre.

Une jeune chanteuse, Marie Myriam est en train de préparer une chanson pour la France à l'Eurovision avec « L'oiseau et l'enfant », le concours se déroulant 2 mois plus tard.

La voiture à la mode est la dernière Renault, c’est la Renault 20 qui est sortie depuis 1 an.

Jacques Chirac clôture sa campagne électorale pour devenir pour la première fois Maire de Paris.

Les élections municipales ont lieu les 13 et 20 mars 1977.

Depuis 1972, les communistes et les socialistes sont unis sur les bases d'un " programme de gouvernement " et dans la plupart des cas les deux partis se présentent ensemble dès le premier tour.

Leur victoire est impressionnante, la gauche unie est majoritaire dans la France urbaine. A Paris, c’est la victoire de Jacques Chirac au détriment des partisans de Valery Giscard d'Estaing, Président de la République depuis trois ans. C’est aussi la première percée des écologistes.

A Digosville, petit village du Cotentin de 650 âmes, c’est aussi les élections.

Le dimanche 13 mars 1977, c’est une journée fraiche, le temps restera très nuageux toute la journée, la température n’excédera pas 11 ° au plus fort de la journée avec quelques averses.

Ça tombe bien, que faire d’autre que d’aller voter…

La liste sortante se présente aux suffrages avec quelques changements. Trois personnes se sont retirés: M. Joseph Le Tellier, adjoint du Becquet, et M. Marneffe, qui depuis 1925 a servi  avec dévouement sa commune, tous deux en raison de leur âge, et M. Louis Liot, pour raisons de santé. Trois nouveaux membres ont été ajoutés à la liste Mlle Juliette Marneffe, M. Victor Dechange et M. Bernard Quenault.

Liste « Pour les intérêts communaux » : Fribourg Jacques, cultivateur, maire sortant; Lecoffre Louis, éleveur, adjoint sortant; Amiot Jules, maraicher, conseiller sortant; Capelle André, retraité, conseiller sortant; Dupont Alfred, menuisier, conseiller sortant; Lefèvre Auguste, magasinier, conseiller sortant; Leflamand Claude, cultivateur, conseiller sortant; Lepoittevin Michel, dessinateur bâtiment, conseiller sortant; Liot André, maraicher, conseiller sortant; Valognes Maurice, cultivateur, conseiller sortant; Marneffe Juliette, secrétaire; Dechange Victor, retraité; Quenault Bernard, éleveur.

Liste « complémentaire d’intérêt communal » : M. Valognes René, éleveur; Mme Clot Jean, née Métivier Suzanne; M. Desroches Guy, chef d’agence de la Caisse d’épargne; M. Lelaidier Claude, chaudronnier; M. Picot Louis, agriculteur; M. Lebacheley Michel, distillateur.

Un candidat indépendant, Bernard Picot, 39 ans, agriculteur, père de cinq enfants d’âge de scolaire, est lui aussi candidat aux municipales.

Le soir arrivant, c’est le dépouillement.

La Mairie est remplie, et on peut ressentir l’ambiance et l’effervescence  des soirs d’élection.

Les résultats tombent :

Il y a 13 sièges à pourvoir, 469 personnes sont inscrites sur les listes électorales.

382 personnes iront voter, et 369 Digosvillais s’exprimeront.

Ont obtenu:

Alfred Dupont         286

André Liot               275

Jules Amiot              264

Michel Lepoittevin    263

Auguste Lefèvre       262

Louis Lecoffre          252

Juliette Marneffe      237

André Capelle          234

Claude Leflamand    231

Jacques Fribourg      231

Maurice Valognes     225

Bernard Quenault    220

Victor Dechance     190    seront élus.

A la suite de cette consultation municipale, Michel Lepoittevin deviendra Maire de Digosville.

Son 1er adjoint sera M. Louis Lecoffre, le second, M. André Liot, le troisième, M. Alfred Dupont.

C’était le dimanche 13 mars 1977, il y a 38 ans…

 Déposé le 13/03/2015.

17 Octobre 1955 M. Clément Picot, Maire de Digosville reçoit la croix de Chevalier du Mérite Agricole .

M. René Dijoud a remis hier matin à M. Clément Picot, maire de Digosville, la Croix de Chevalier du Mérite Agricole et la Médaille d’argent départementale et communale.

La cérémonie s’est déroulée à 11 h. 15 sur la place de la Mairie. Et il fut précédé d’un office religieux que M. l’abbé Gosselin célébra à la mémoire des victimes des deux guerres et plus spécialement de Jules Picot, fils du premier magistrat de la commune, fusillé par les Allemands en 1943 au Douet Picot. Le Sous-préfet de Cherbourg fut reçu à 11 heures sur la place où s’étaient rassemblés à l’issue de la messe, autour de M. Clément Picot, de MM. Fribourg et Fouquet, ses adjoints et des membres du Conseil Municipal, MM. le commandant Bigant, ancien Maire de Digosville ; Lepelley, maire de Bretteville ; Lemagnen, maire du Mesnil-au-Val ; le capitaine Durand, commandant la gendarmerie de Cherbourg; l’abbé Gosselin, curé de la paroisse ; le père Gibert, missionnaire des Missions Etrangères de Paris, expulsé de Mandchourie ; Lecoffre. Président du Syndicat Agricole; Capelle, président du Comité de Fêtes local; Mme Jacquette, institutrice; les porte-drapeaux des A. C. P. G. des deux guerres; une importante partie de la population et de nombreux enfants.

Une section de la gendarmerie de Cherbourg aux ordres de l’adjudant-chef Talbourdet, rendit les honneurs au représentant du gouvernement à son arrivée sur les lieux de la manifestation M. René Dijoud salua les autorités et les accompagna en mairie pour y signer le registre des délibérations; à sa sortie de la maison commune, il reçut une gerbe d’œillets rouges d’une fillette dont la camarade fleurit M. Picot un compliment chargé d’estime et de sympathie; un cortège enfin se forma qui suivit le Sous-préfet et le Maire jusqu’au Monument aux Morts.

Sur les degrés de la stèle recouverts d’un drapeau tricolore, MM. René Dijoud et Clément Picot déposèrent leurs gerbes, avant de se recueillir.

Puis M. l’abbé Gosselin en tant que curé de Digosville, dit à M. le Sous-préfet combien il était heureux de l’accuei1lir devant le portail de la vieille église paroissiale, au pied de ce monument, dans ce cimetière où reposent les enfants de 1a commune. Les trois clairons de la « Lyre Octevillaise » sonnèrent « Aux Champs » et l’assistance entonna la « Marseillaise ».

Charles-Félix MORICE DE LA RUE

Beaucoup de Digosvillais connaissent ce personnage illustre qu’était Charles Félix MORICE DE LA RUE, surtout chez les anciens.

Pour les plus jeunes et les nouveaux habitants, ce nom est peut être moins connu.

Ainsi, si vous vous promenez dans le bourg de Digosville, et si vous passez devant l’église, vous ne pouvez pas louper un très grand caveau vouté situé dans le cimetière, à proximité du virage, c’est celui de la famille Morice de la Rue.

Qui était-il ?

Charles Félix est né, il y a tout juste 215 ans, à Laval (Mayenne) le 4 septembre 1800 et mort à Digosville le 1er décembre 1880 à l'âge de 80 ans.

Celui-ci était un ingénieur des Ponts et Chaussées pour la circonscription de Cherbourg-Valognes, architecte des phares de Gatteville et de la Hague. Marié le 8 mai 1837 avec Nathalie Bernardine Levavasseur d'Hiesville (1808-1846) dont il aura un fils Aymar Charles. Il perdra sa femme alors qu’elle n’a que 38 ans.

 

Dès l’âge de dix-neuf ans, il entre à l’école Polytechnique où est formée depuis deux siècles l’élite du génie technologique et scientifique du pays. Il sort diplôme en poche en 1821 et intègre le prestigieux corps des Ponts et Chaussées le vingt novembre de la même année. Au terme de sa formation à l’école des Ponts, il est nommé ingénieur chargé de la navigation le premier mai 1825 en Seine Inférieure, devenue aujourd’hui Seine Maritime. Il n’y demeure qu’une seule année et arrive dans le département de la Manche le premier mai 1826, chargé de la circonscription de Cherbourg-Valognes.

Il fera toute sa carrière dans la Manche jusqu’au premier janvier 1863 et a passé toute sa retraite à la Garancière jusqu’à son décès le premier décembre 1880.

En qualité d’ingénieur, Morice de La Rue est chargé de la réalisation des routes du Cotentin. Vers 1830, un vaste programme national de modernisation des axes de communication est en cours. C'est de cette époque que datent la plupart des routes structurantes du Cotentin : Cherbourg-Beaumont, Bricquebec-Carteret, Saint-Sauveur-Portbail, sans oublier Cherbourg-Barfleur qui concerne Tourlaville au premier chef. Auparavant à Tourlaville, n’existaient que des chemins de terre étroits et cabossés comme pouvait l’être le chemin des diligences entre Cherbourg et Barfleur dont on pratique encore quelques tronçons à pied ou à bicyclette. Disons que l’histoire du tracé de la route Cherbourg-Barfleur via le Val Canu et Digosville devient une histoire sentimentale.

C’est qu’en effet, pour mener son étude de tracé, l’ingénieur est amené à faire la connaissance de Nathalie Levavasseur d’Hiesville, propriétaire de la Garancière et des deux cents hectares de terres attenantes qu’elle a reçues en partage au terme d’un acte dressé le 25 novembre 1831.

Charles-Félix mène les négociations en direct tant et si bien qu’il finit par succomber au charme de la maîtresse des lieux ; il l’épouse le huit mai 1837 et devient à son tour propriétaire de la Garancière. Cela a fait dire à certains que c’est la raison pour laquelle le tracé de la voie contourne le domaine par le nord en dessinant une grande courbe, la seule à vrai dire sur le parcours Tourlaville-Saint-Pierre-Eglise et Saint-Pierre-Barfleur. Il est permis de penser également que des contraintes techniques ou géologiques expliquent aussi bien la courbe du Val Canu.

Monsieur Marneffe-Lebréquier nous dira en 1972 dans sa communication à la  Société nationale académique qu'il possédait un long dépliant du projet de la route en question, ou sur celui-ci la grande courbe était bien dessinée.

Ce dépliant datant du 6 ventôse an 11, c'est-à-dire bien avant la rencontre de notre ingénieur avec Nathalie Levavasseur d'Hiéville.

La construction des routes ne constitue qu’une partie de la carrière de Morice de la Rue; c’est principalement vers les ports et les phares qu’il oriente son génie.

Nommé ingénieur en chef le vingt-six décembre 1838, il est chargé des ports de Granville et Carentan où il réalise les bassins à flot. En 1843, il dirige les travaux de l’ensemble des ports de commerce et des phares du département de la Manche.

Il a ainsi dirigé l’exécution des jetées de Saint-Vaast, Barfleur, Diélette. Il est également connu comme l’auteur du projet d’un canal maritime traversant la presqu’île du Cotentin.

Mais ses œuvres majeures, ce sont les phares de Gatteville et de Goury.

Morice de la Rue a lui-même écrit les notices de construction de ces deux ouvrages.

Profitant de la découverte d’Augustin Fresnel qui met au point la lentille à échelons pour obtenir un faisceau lumineux de grande section grâce à la théorie de la nature ondulatoire de la lumière, le programme de construction des phares, va prendre dès la fin des années 1820, une importance capitale. Les progrès de la navigation et la construction d’ouvrages nouveaux dans les ports rendaient indispensables un dispositif performant d’éclairage des côtes.

A l’époque, la construction des phares dits de premier ordre est un programme d’intérêt national. Il y a urgence à éclairer le littoral du Cotentin car, selon les nouvelles règles de la navigation, tout navire au large des côtes de France doit, en quittant de vue un feu, en apercevoir un autre. Il faut donc entre Le Havre et Barfleur deux feux de longue portée. Encore faut-il, en raison de la courbure de la terre qu’ils soient placés bien au-dessus du niveau de la mer. Compte tenu de la très faible hauteur de la côte du Val de Saire il a fallu édifier un phare de soixante-dix mètres.

C’est ainsi que Charles-Félix Morice de la Rue se voit chargé de la réalisation du phare de Gatteville dont la première pierre est posée le quatorze juin 1829 par le comte d’Estourmelle, préfet de la Manche, qui prononce les mots suivants :

 «..Nous allons placer, sur cette roche presqu’à fleur d’eau, la plus haute colonne du monde… »

Si ces propos semblent un peu grandiloquents voir excessifs au regard d’autres constructions déjà réalisées dans les siècles passés ailleurs en France ou dans le monde, il reste que la construction de colonnes aussi élevées est une technique peu connue des ingénieurs de l’époque.

Pour assurer la sécurité du chantier, Morice de la Rue ne veut pas recourir à l’édification d’un échafaudage. Aussi, il décide de construire en même temps une colonne cylindrique formant l’intérieur du phare, qu’il appelle le noyau creux et une colonne conique de neuf mètres de diamètre à la base et six mètres au sommet qui en constitue la partie extérieure visible. Grâce à un savant système de treuils et de palans imaginé par l’ingénieur, les onze mille blocs de granite sont montés en toute sécurité par le centre du noyau. Le fameux escalier de trois cent-soixante cinq marches grimpe entre les deux colonnes et il est construit à la même vitesse que les colonnes.

En dépit des précautions prises par l’ingénieur qui était très sensible à la question de sécurité de ses chantiers, il n’a pu éviter le décès accidentel de deux ouvriers. On a pu dire, mais sans en apporter la preuve, que ces circonstances ont empêché Morice de la Rue d’accéder au poste de premier ingénieur de France des phares et balises. Pourtant, dans des conditions plus périlleuses encore qu’à Gatteville, il entreprend en 1834 la construction du phare de Goury en pleine mer, sur le rocher dit du Gros du Raz. La population redoute et prédit des accidents mais le chantier s’achève en 1837 sans victime.

On connaît mieux l’œuvre de Morice de la Rue que le personnage. Toutefois, les quelques témoignages écrits que nous avons consultés concordent. C’est un homme dur, très dur sans doute. Son propre fils, Aymar Morice de la Rue (1839-1910) racontait à son entourage la sainte frayeur qu’il éprouvait à la vue de son père. Il se dit encore à la Garancière que les domestiques de maître Morice avaient tout intérêt à se tenir prêts lorsque monsieur Félix revenait à cheval du travail. Ainsi, de façon à ne pas être surpris par un retour intempestif du patron, un employé guettait les alentours derrière une sorte de dolmen encore existant dans le parc. A la vue du cheval, il donnait l’alerte en toute hâte. Le palefrenier était exposé le premier aux humeurs de l’ingénieur car il se dirigeait dès en arrivant vers l’écurie pour y remiser sa monture.

Dans le village de Digosville, Morice de la Rue est un homme très respecté.

Il n’est sans doute pas populaire car même si la révolution de 1789 est passée depuis une cinquantaine d’années, il est le châtelain du village et sait bien le faire valoir. Cela ne l’empêche pas cependant d’être proche des villageois tout comme il était d’une extrême rigueur sur le déroulement des chantiers en matière de sécurité du travail.

C’est son ami l’inspecteur général des Ponts et Chaussées Deslandes qui prononça son éloge funèbre en disant : « je ne résiste pas au désir de rappeler ce caractère noble et austère avec tant d’aménité, cet esprit supérieur si cultivé et plein de grâces, cette délicatesse des sentiments jointe à une exquise bonté, en un mot cette heureuse union des dons du cœur et de l’esprit qui faisaient de lui un homme si parfait…. Toujours esclave de son devoir, il s’en est souvent fait la victime : rien ne lui coûtait pour surmonter les difficultés rencontrées dans le service ou dans les importants travaux qu’il dirigeait. C’est ainsi qu’il a vécu faisant sans cesse le bien autour de lui, au milieu de ces populations simples et bonnes venues l’attester ici par leurs regrets et chez lesquelles son souvenir vivra toujours. »

Gatteville, deuxième plus haut phare de France, derrière celui de L’île Vierge, au large du Finistère, a vu le jour en 1834, après cinq ans de travaux menés par Morice de La Rue, ingénieur des Ponts et Chaussées.

Ce “cierge de pierre”, réalisé sans échafaudage, a nécessité 11 000 blocs de granits, taillés à la main, et pèse plus de 7 400 tonnes. Ce fut le plus grand chantier des six années de règne de Charles X, entre 1824 et 1830.

Techniquement, Gatteville, c’est 71 mètres de haut, 365 marches pour atteindre le sommet, réparties sur 12 paliers. La tour du phare à un diamètre de 9,25 m à sa base, pour 6 m en haut. L’épaisseur des murs va de 1 m à 2,60 m.

L’édifice assure depuis le XIXe siècle le relais entre le phare du Havre, et celui de l’île de Wight, en Angleterre. Le phare de Gatteville sera classé monument historique en juin 2009.

 

Charles Félix Morice de La Rue sera nommé « Chevalier de la légion d’honneur » par décret du 30 Août 1833. La croix fut donnée et attachée par le  roi  Louis-Philippe lui-même à Saint-Lô.

Il sera nommé ensuite « Officier de la légion d’honneur » par décret du 18 octobre 1850.

 

Désormais, vous ne passerez plus devant le cimetière sans connaître l’historique de ce grand caveau vouté…

Il était normal de rendre hommage à ce personnage illustre dont le destin est si intimement lié à Digosville…

La libération de Digosville le 24 Juin 1944.

Les combats du Samedi 24 juin 1944

Le général Schlieβen a rendu compte le matin du 24 à Rommel qu’il n’avait plus de réserves et qu’il avait donné l'ordre à ses troupes de se défendre jusqu’à la dernière cartouche. "La chute de Cherbourg est, avait-t-il précisé, inévitable".

Le 313ème R.I., sur l'autre flanc, poursuivait sa progression, obliquant vers l'est pour réduire la résistance à l'ouest de La Glacerie. Sur cette dernière position le régiment a fait 320 prisonniers et saisi plusieurs pièces d'artillerie. La 8ème R.I., coincé entre le 12ème R.I. et la 79ème Division, s'est heurté à une résistance déterminée à l'Est de La Glacerie. Les Allemands utilisant de l'artillerie légère, des canons antiaériens, des mortiers, et des mitrailleuses, ont cassé la première attaque américaine. Une deuxième tentative faite avec l'appui d’un tank a contourné la position ennemie par l’Est et les Allemands se sont retirés. Le combat du jour a coûté au 8ème R.I. trente-sept tués, y compris le Lt-Col. Conrad Simmons, commandant le 1er bataillon. Soutenu par le feu du 2éme bataillon du 12éme RI, resté en position au lieu de Beaurepaire, le 1er bataillon appuyé par six chars du 70éme Tank-Bataillon attaque vers la Croix Périnot, dépasse le petit point d’appui allemand qui s’y trouve et arrive le soir au Val Canu, coupant de nouveau la route de Cherbourg-Saint Pierre Eglise.

Après de dures accrochages, le 3éme bataillon, auquel se sont associés le 2éme bataillon du 22éme RI et quatre chars du 70éme bataillon de tanks, s’empare du bourg de Digosville avec l’aide de l’aviation qui entre aussi dans la danse : douze P-47 viennent écraser les positions allemandes. Les tanks et les GI’s achèvent alors le travail en un combat qui sera bref. Quelques Allemands se replient mais cent cinquante prisonniers restent aux mains des GI’s.

Digosville est libéré !

Sa mission d’appui lors de l’attaque du Val Canu étant remplie, ce bataillon repart de l’avant. Les GI’s longeant les haies se dirigent vers l’ouvrage Saint-Gabriel et son Blockaus à deux étages défendus par une forte concentration de canons anti-aériens et anti-chars. Contrairement aux suppositions, les défenseurs abandonnent cette position après un rapide combat. Trois cents d’entre eux se rendent, quelques autres se replient vers le Château de Tourlaville.

La 12ème infanterie, rejoint dans la soirée par un bataillon du 22ème R.I., avait occupé la dernière éminence avant Tourlaville, à partir de laquelle on pouvait observer toute la ville de Cherbourg. Pendant l'attaque, le Lt-Col. John W. Merrill, qui avait pris le commandement du 1ęr bataillon le jour même, a été tué. Le combat le plus dur du secteur s'est déroulé à Digosville où l'ennemi tenait à défendre une position d'artillerie. La position a été débordée par une compagnie avec l'appui d'un char, après une attaque en piqué de douze P-47' S. L'ennemi, en se retirant, a laissé six pièces d'artillerie. Tourlaville était occupée la nuit même sans combat. Mais ce jour là, le 12ème R.I. a fait 800 prisonniers.

Le soir du 24 juin, en dépit de l’heure tardive, le Général Barton considère que la situation qu’il connaît sur les hauteurs de Tourlaville-Digosville lui est favorable et ne demande qu’à être exploitée.

Au cours de la nuit, soutenus par quelques tanks-destroyers, le 3éme bataillon du 12éme RI longe le village de l’Eglise, descend la cote de Tourlaville, gagne les abords de La Place et s’y retranche. A trois heures du matin de nouveaux  ordres sont donnés. La batterie « Brommy  » sur la lande des Caplains avec 4 pièces de 150 mm sous casemate et de 6 pièces de 88 mm Flak sera attaquée en tenaille par la lande Saint-Maur et le village des Caplains. L’attaque contre les deux villages et le petit port du Becquet sera lancée depuis le hameau Garçonnet.

 (Photo: un américain sur la lande )

Centenaire de la Grande Guerre 1914-1918.

On se doit de citer les Digosvillais décédés pendant la Grande Guerre, en devoir de mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour défendre la Patrie.

Alphonse AMBROIS

Louis BRIERE

Henri CAUVIN

Auguste DANNEVILLE

Emile DELAHAYE

Eugène GARÇON

Auguste GUILLARD

Clément JOSSET

Gustave JOSSET

André L’ECRIVAIN

Robert LEREVEREND

Henri LOIR

Eugène LOIT

Louis MANGON

Auguste MAREST

Jean PICOT

Jules PICOT

Jules PICQUENOT

Louis TIPHANE

Alexandre TOCQUET

Pierre BURNEL

Ernest MONMELIEN

Il est intéressant de constater que l'Autel élevé à la mémoire de nos chers disparus à l’intérieur de l’église ne mentionne que 20 noms, alors qu’il y en 22 d’inscrits sur le monument aux morts à l’extérieur de l’église.

La différence, qui se remarque dans beaucoup de communes s'explique de différentes manières : erreurs, retards d'enregistrements d'actes, déménagements de certains soldats. Pour les deux noms rajoutés Pierre Burnel et Ernest Monmelien, ils sont déclarés décédés tous les deux en 1921, le 31 Janvier pour le premier et le 28 Juin  pour le second. Ernest Monmelien se trouvait dans le 5éme régiment d’Artillerie d’Afrique, il est mort pour la France le 27 Octobre 1918 à Alexandrie en Egypte.

C’est ainsi que lorsque le monument aux morts, choisi par la commission municipale du 1er juin 1919 (à l’époque les commissions municipales se réunissaient), il a été décidé la réalisation de celui-ci par l’entreprise Louis Delacotte, rue Christine à Cherbourg pour la somme de 1 550 francs (Anciens). Dans le contrat de gré à gré, du 10 aout 1919, passé entre la commune et M. Delacotte, le monument devait être livré pour 1er Octobre 1919. Celui-ci est composé d’une colonne en marbre blanc surmontée d’une urne également en marbre blanc. Une base et un premier socle en granit, un palier en granit de 1m x 1m en 3 pièces.

On pouvait lire sur la plaque de marbre blanc, maintenue à l’aide de vis de cuivre :

«  La commune de Digosville

aux victimes de la guerre

1914-1919

Gloire à notre France Eternelle,

Gloire à ceux qui sont mort pour elle ».

Il est intéressant de remarquer que la commande du monument passée le 10 Aout 1919, il est bien marqué « 1914-1919 », alors qu’actuellement c’est bien marqué « 1914-1918 ». De plus la commande précise 20 noms et 20 prénoms, il y en a aujourd’hui 22, c’est bien la preuve que le monument à été modifié ultérieurement.

Pour vous, chers Digosvillais, lecteurs assidus de notre site internet, amoureux de votre belle commune, voici une rétrospective du 11 Novembre, il y a 94 ans…

18/11/1920 Le 11 Novembre

Un service religieux, à la mémoire des mobilisés morts au front pendant la guerre, fut célébré par M. le curé de Digosville. Y assistaient: tous les enfants des écoles conduits par leurs maîtresse et maître; deux petites filles portaient une magnifique couronne de fleurs naturelles et toutes leurs camarades avaient les bras chargés de belles gerbes de fleurs; un petit garçon portait la couronne offerte par écolières et écoliers. M. le maire, avec une belle palme, assisté de son conseil municipal et de plusieurs membres du bureau de bienfaisance; la plupart des mobilisés, dont l'un portait la couronne offerte par ses camarades. Le cortège se dirigea vers l'église, accompagné d'une foule nombreuse et recueillie.

Un catafalque était dressé, recouvert d'un drapeau. L'église décorée de ses ornements de deuil, l'office fut célèbre à l'Autel, élevé à la mémoire de nos chers disparus. Après cette cérémonie imposante dans sa simplicité, l'assistance se rendit au monument élevé à la mémoire des victimes de la guerre. En paroles émues, M. le maire, rappela que ce monument était érigé à la mémoire de ceux qui avaient donné leur vie pour défendre la Patrie; que sa vue devait sans cesse nous faire penser à eux, et faire naître et entretenir dans nos cœurs un sentiment de profonde reconnaissance. Après l'appel des noms de ces grands morts, Mlle l’institutrice fit avancer ses élèves; deux d'entre elles dirent avec beaucoup de cœur, deux belles poésies: « Souvenir aux morts pour la Patrie ». Ensuite, couronnes et gerbes furent déposées autour de la colonne.

Le cortège se dirigea alors vers l'endroit choisi pour planter l'arbre de la Victoire, un jeune chêne, dû à la générosité de Mme de La Rue. Le superbe arbuste, tout habillé et enguirlandé de drapeaux et de rubans tricolores, fut placé dans la fosse par M. le maire, pendant qu'un groupe d'écoliers chantait l'Hymne des temps futurs, et qu'une salve de coups de fusil était tirée, un enfant lut un petit discours rappelant que le chêne avait été de tous temps et chez tous les peuples, le symbole de la force, de la vaillance, de la paix. Ce chêne planté aujourd'hui, ne commémorait pas la chute d'un régime et l'avènement d'un autre, il représentait la Victoire de la Justice et du droit sur la force barbare. La Marseillaise et une nouvelle salve de coups de fusils clôturèrent cette cérémonie, pendant que les cloches sonnaient à toute volée. Et la foule se dispersa, emportant dans son cœur un souvenir ému de ces deux cérémonies.

A nos héros…

AMBROIS  Alphonse Louis Auguste

            Chasseur - 15e B.C.P. [Infanterie] - B.C.P. Bataillon de Chasseurs à Pied

Matricule, recrutement : 1077 – Cherbourg

Date de naissance : 26/09/1888

Commune de naissance : Maupertus

Genre de mort : Mort des suites de blessures

Date du décès : 21/10/1915

Commune du décès : Moosch  68 - Haut-Rhin

BRIERE  Louis

CAUVIN Henri

DANNEVILLE Auguste Victor

            Soldat - 272e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 316 – Cherbourg

Date de naissance : 03/08/1883

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Tué à l'ennemi

Date du décès : 08/10/1915

Commune du décès : Tahure  51 – Marne

DELAHAYE Emile

GARÇON  Eugène Charles François

            Conducteur - 10e E.T.E.M. [Train] - E.T.E.M. Escadron du Train des Equipages Militaires

Matricule, recrutement : 826 – Cherbourg

Date de naissance : 07/01/1874

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de maladie contractée en service

Date du décès : 03/12/1915

Commune du décès : Digosville

GUILLARD  Auguste Désiré Bienaimé

            Soldat - 24e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 355 – Cherbourg

Date de naissance : 06/10/1895

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de blessures

Date du décès : 25/09/1915

Commune du décès : Neuville-Saint-Vaast 62 - Pas-de-Calais

JOSSET  Clément Félix Eugène

Soldat - 25e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 635 – Cherbourg

Date de naissance : 16/12/1882

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de blessures

Date du décès : 11/10/1914

Département ou pays : 75 - Paris

Commune du décès : Paris 14

Lieu, complément : Hôpital 266

Département ou pays inhumation: 92 - Hauts-de-Seine

Commune inhumation : Bagneux

Lieu inhumation : Carré militaire

Carré, rang, tombe : Carré 19 - Rang 3 - Tombe 10

JOSSET Gustave

Soldat - 225e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Complément : 21e Cie

Matricule, recrutement : 893 - Cherbourg

Date de naissance : 09/03/1879

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de maladie contractée en service

Date du décès : 21/01/1915

Département ou pays :

Commune du décès : Châlons-sur-Marne 51

Lieu, complément : Hôpital temporaire

Commune inhumation : Châlons-en-Champagne

Lieu inhumation : Carré militaire communal

Carré, rang, tombe : Tombe 2674

LECRIVAIN André Louis Charles

Soldat - 25e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 745 - Cherbourg

Date de naissance : 01/07/1882

Commune de naissance : Sauxemesnil

Genre de mort : Tué à l'ennemi

Date du décès : 06/10/1914

Commune du décès : Beaurains 62 - Pas-de-Calais

LERÉVÉREND  Robert Désiré Jean

Quartier-maître armurier - [Marine] - Pothuau (1897-1927)

Complément : Croiseur cuirassé

Date de naissance : 27/05/1898

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de maladie contractée en service

Date du décès : 14/02/1919

Commune du décès : Castelorizo 9126 - Grèce

LOIR  Henri Louis Auguste

Caporal - 225e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 697 - Cherbourg

Date de naissance : 07/01/1886

Commune de naissance : Gonneville

Genre de mort : Tué à l'ennemi

Date du décès : 04/07/1916

Département ou pays : 55 - Meuse

Commune du décès : Verdun-sur-Meuse – 55 - Meuse

Lieu, complément : Thiaumont

Commune inhumation : Bras-sur-Meuse

Lieu inhumation : Nécropole nationale

LOIT  Ernest Alphonse Eugène

Grade, unité : Soldat - 225e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 797 - Cherbourg

Date de naissance : 20/02/1887

Commune de naissance : Sauxemesnil

Genre de mort : Mort des suites de blessures

Date du décès : 06/05/1917

Commune du décès : Bouy 51 - Marne

Lieu, complément : Ambulance 226

Département ou pays inhumation: 51 - Marne

Commune inhumation : Souain-Perthes-les-Hurlus

Lieu inhumation : Nécropole nationale La Crouée

Carré, rang, tombe : Carré 3E, tombe 3096

MANGON  Louis Napoléon

Marsouin - 1er R.I.C. [Infanterie] - R.I.C. Régiment d'Infanterie Coloniale

Matricule, recrutement : 185 - Cherbourg

Date de naissance : 18/10/1888

Commune de naissance : Yvetot-Bocage

Genre de mort : Tué à l'ennemi

Date du décès : 22/08/1914

Département ou pays : 9131 - Belgique

Commune du décès : Rossignol

MAREST Auguste François

Caporal - 403e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Complément : 7e Cie

Matricule, recrutement : 451 - Cherbourg

Date de naissance : 09/05/1885

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de blessures

Date du décès : 28/01/1918

Département ou pays : 02 - Aisne

Commune du décès : Soissons

Lieu, complément : Ambulance 1/38

Département ou pays inhumation: 02 - Aisne

Commune inhumation : Crouy

Lieu inhumation : Nécropole nationale

Carré, rang, tombe : Carré F - Tombe 523

PICOT Jean François Auguste

Soldat - 80e R.I.T. [Infanterie] - R.I.T. Régiment d'Infanterie Territoriale

Constitué en 1914 à Saint-Lô (10e Région Militaire) et dissous à la fin de la Grande Guerre.

Matricule, recrutement : 1278 - Cherbourg

Date de naissance : 16/06/1873

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Tué à l'ennemi

Date du décès : 09/11/1916

Département ou pays : 9131 - Belgique

Commune du décès : Boësinghe

Lieu, complément : Combats de Boësinghe

Département ou pays inhumation: 62 - Pas-de-Calais

Commune inhumation : Ablain-Saint-Nazaire

Lieu inhumation : Nécropole nationale Notre-Dame-de-Lorette

Carré, rang, tombe : Carré 37 - Rang 2 - Tombe 7270

Autres informations : Venu du 77e R.I.T.

PICOT Jules François Auguste

Grade, unité : Soldat - 25e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 698 - Cherbourg

Date de naissance : 01/09/1892

Commune de naissance : Digosville

Genre de mort : Mort des suites de maladie contractée en service

Date du décès : 19/04/1918

Département ou pays : 50 - Manche

Commune du décès : Digosville

Lieu, complément : A son domicile

PICQUENOT Jules

TIPHAGNE Louis Augustin

Zouave - 9e R.M.Z. [Infanterie] - R.M.Z. Régiment de Marche de Zouaves

Matricule, recrutement : 341 - Cherbourg

Date de naissance : 04/04/1892

Commune de naissance : Cherbourg

Genre de mort : Tué à l'ennemi

Date du décès : 25/04/1915

Département ou pays : 9131 - Belgique

Commune du décès : Het-Sas

TOCQUET Alexandre Auguste Émile

Soldat - 25e R.I. [Infanterie] - R.I. Régiment d'Infanterie

Matricule, recrutement : 817 - Cherbourg

Date de naissance : 16/09/1884

Département ou pays : 50 - Manche

Commune de naissance : Bretteville-en-Saire

Genre de mort : Mort des suites de blessures

Mention Mort pour la France : Oui

Date du décès : 20/09/1916

Département ou pays : 80 - Somme

Commune du décès : Hargicourt

BURNEL Pierre

MONMÉLIEN: Ernest Auguste Louis

Canonnier - [Artillerie] - Unité non identifiée (Artillerie)
Matricule, recrutement : 923 - Cherbourg

Date de naissance : 05/02/1897
Département ou pays : 50 - Manche
Commune de naissance : Breteville

Genre de mort : Mort des suites de maladie contractée en service
Date du décès : 27/10/1918
Département ou pays : 998 - "En mer"
Lieu, complément : A bord du Assaye (navire hôpital)
Date de transcription : 28/06/1921

Quand le maire souhaitait le rattachement de Digosville à l’agglomération cherbourgeoise.

Courrier du maire au sous-préfet :

Le Maire de Digosville à Monsieur le Sous-préfet à Cherbourg.

Objet : Rattachement de la commune à l’agglomération cherbourgeoise.

Ma commune comptant sur une population de 582 habitants, le tiers environ d’ouvriers et de pêcheurs, les précédents travaillant soit à l’arsenal à la marine ou à la gare, soit pour le compte d’industrie privées, j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien rattacher la localité à l’agglomération Cherbourgeoise afin que les intéressés puissent bénéficier des avantages (suppléments de rations notamment) accordées aux personnes faisant partie de la dite agglomération.

Veuillez agréer Monsieur le sous-préfet, l’assurance de mes sentiments distingués.

                        Le maire. Bigant.   Le 19/07/1945

 

Réponse du sous-préfet

Le sous- préfet de Cherbourg à Monsieur le maire de Digosville.

Objet : Rattachement de votre commune à l’agglomération cherbourgeoise.

Référence : Votre lettre du 19 juillet 1945.

Comme suite à votre demande de rattachement de Digosville à l’agglomération cherbourgeoise, j’ai l’honneur de faire connaître que cette suggestion ne semble pas possible, étant donné l’éloignement de votre commune du centre urbain et du précédent que cette situation créerait vis-à-vis des autres communes rurales contiguës à la Glacerie, Octeville, Equeurdreville, Hainneville et Querqueville.

D’ailleurs, la réunion de communes ayant pris nom d’ « agglomération cherbourgeoise » n’a jusqu’à présent aucune existence légalement établie. Les maires des 7 communes se sont seulement entendus pour régler en commun certaines questions intéressant l’ensemble, telles que : abattoir intercommunal, terrain de sport, questions d’approvisionnement, etc…

Vous me signalez dans votre lettre que la raison principale de cette demande est suscitée par la possibilité d’obtenir pour votre commune le bénéfice de suppléments nations par les Services du ravitaillement ; j’interviens auprès de la Direction du Ravitaillement Général à Coutances pour qu’elle veuille bien examiner votre requête en vue de classement de votre commune dans les bénéficiaires de cette catégorie.

Le Sous-Préfet. .  Le 27/07/1945

 

A l’heure où l’on parle de commune nouvelle, voilà comment la commune de Digosville a failli être rattachée à l’agglomération Cherbourgoise, il y a 70 ans…

Son destin en aurait été surement différent si le sous-préfet avait accepté, et nous Digosvillais, nous serions plus en train de se poser l’éternelle question de savoir s’il faut mieux se rapprocher de la CUC ou du Val de Saire…